En charge de juger de la bonne exemplarité des sanctions contre les militants à l’UMP : un député renvoyé en correctionnelle

Publié le par ANTICOR 78

            En septembre dernier, une liste de soutien à l’action d’Anticor s’était présentée – sans succès – aux élections sénatoriales des Yvelines. Dans la logique du fonctionnement d’Anticor, elle était constituée de républicains des différents bords politiques, appartenant ou non à des partis politiques. Il y avait notamment parmi eux un membre de l’UMP, ancien Maire adjoint de Maisons-Laffitte : Hubert Souillard. Sachant qu’il y avait une liste officielle UMP qui était également en lice (dirigée par l’ex-Président du Sénat Gérard Larcher), comme on pouvait s’y attendre, l’UMP l’a provisoirement suspendu. Notons qu’il y avait sur cette liste de soutien à Anticor deux membres du Modem qui n’ont pas eu ce genre de souci avec leur parti.

            Là où c’est plus surprenant, c’est que le 7 décembre dernier, le Bureau politique de l’UMP a décidé la réintégration de sénateurs UMP dissidents, qui avaient présenté des listes concurrentes à la liste officielle de l’UMP aux sénatoriales de septembre, dont Pierre Charon à Paris, et que ce Bureau a décidé dans le même temps d’infliger 2 ans de suspension à Hubert Souillard, simple militant de longue date qui avait souhaité prendre part à une campagne de défense de l’éthique et de l’intégrité en politique à l’occasion de cette élection...

            Ce dernier souhaite alors à user de son droit de faire appel de cette décision inéquitable. Or on lui indique qu’il doit adresser son recours au Député Yanick Paternotte, Président de la commission nationale des recours de l’UMP (voir document en fin d'article). Celui qui est donc en charge à l’UMP de juger si les sanctions à l’encontre des militants sont moralement justifiées ou pas, n’est autre que le Député-Maire de Sannois (95), qui est lui-même renvoyé devant le Tribunal correctionnel début janvier pour abus de faiblesse d’une citoyenne de sa commune de 92 ans, à l’issue d’une procédure initiée il y a déjà 7 ans. En effet, il aurait bénéficié avec son épouse dans des conditions des plus contestables, selon le Juge d’Instruction, de la donation de 30 % de la très belle propriété d’une femme de 92 ans en état de vulnérabilité apparente (qui avait par ailleurs elle-même contesté, avant son décès en 2008, avoir fait une telle donation au Maire de Sannois).

            Bref, un militant anticorruption des Yvelines, pour avoir agi en tant que tel, se voit contraint de s’adresser à un député renvoyé en correctionnelle pour abus de faiblesse d’une femme de 92 ans, s’il souhaite avoir dans son parti un traitement équitable à celui appliqué pour d’autres candidats dissidents de l’UMP…

Qui plus est, cela n’a pas empêché ce député d’être officiellement investi par ses instances pour les législatives de juin prochain. Sans faire fi de la présomption d’innocence, on constate qu’Anticor a malheureusement encore de longues années de travail au chevet de la démocratie française !

 

Extrait courrier Copé suspension

 

(Le courrier complet est à ce lien)

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article