Charte Ethique pour les Municipales 2014 : premier bilan

Publié le par ANTICOR 78

La campagne de signature de la Charte Ethique pour les Municipales 2014 vient de s’achever. Nous en tirons un premier bilan. Nous remercions et félicitons tous ceux qui localement ont donné leur temps et leur énergie pour obtenir ces résultats.

Notre charte, pour la première fois, est très exigeante et elle a valeur juridique. En effet, rappelons qu’elle mentionne que « Le signataire déclare être informé de ce qu’il engage sa responsabilité contractuelle et que l’Association pourra agir en justice en cas de violation de ces engagements. »

En dépit de ses nombreuses contraintes, notre charte a été signée par… 577 candidats. C’est exactement le nombre de nos députés et aussi exactement le nombre de signataires de notre charte lors des précédentes élections législatives !

Notre charte a été signée, c’est normal, par de nombreux candidats qui avaient peu de chances d’être élus et qui ne risquaient pas grand-chose en signant un contrat de mandature.

Mais elle a aussi été signée par des candidats qui ont été élus maires, parfois dans des villes importantes. Voici par ordre de département :

Biot (06) : Guilaine Debras ; Montpellier (34) : Philippe Saurel ; Grenoble (38) : Eric Piolle ; Nancy (54) : Laurent Hénart; Metz (57) : Dominique Gros ; Wasquehal (59) : Stéphanie Ducret ; Perpignan (66) : Jean-Marc Pujol ; Schiltigheim (67) : Jean-Marie Kutner ; Poissy (78) : Karl Olive; Draguignan (83) :  Richard Strambio ; Limoges (87) : Emile-Roger Lombertie ; Bavilliers (90) : Eric Koeberlé ; Wissous (91) : Richard Trinquier ; Bagnolet (93) : Tony di Martino; Bobigny (93) : Stéphane de Paoli ; Montreuil (93): Patrice Bessac; La Possession (974) : Vanessa Miranville;

Vanessa Miranville devient à seulement 30 ans la quatrième femme maire de l’histoire de La Réunion. Signataire de la Charte Anticor, elle a été élue avec 56,47% des suffrages.   

Par ailleurs, d’innombrables signataires ont été élus au sein de conseils municipaux, après la fusion des listes. Ils seront pour nous des vigies citoyennes au sein de leurs collectivités locales: il est certain que beaucoup d’entre eux feront la promotion d’Anticor, veilleront à ce que certaines dérives soient évitées, et feront vivre concrètement nos propositions. Dans au moins deux cas, des signataires ont refusé de fusionner leur liste avec une autre liste menée par un élu condamné pour atteinte à la probité – conformément à la règle éthique qui est la base de notre combat.

A l’inverse, on observe la réélection d’élus condamnés ou inquiétés par la justice, notamment MM. Bompard, Aeschlimann, Pupponi, Balkany :

Jacques Bompard, réélu à Orange avec 60 % des voix, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel en octobre 2013 pour une affaire de prise illégale d’intérêt concernant l’acquisition de deux terrains situés sur sa commune. Nous déplorons également le retour de Manuel Aeschlimann à la mairie d’Asnières-sur-Seine, qu’il avait déjà dirigée entre 1999 et 2008. En janvier 2011, il avait été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et un an d’inéligibilité, pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public. Il lui est reproché d’avoir imposé, sans aucune mise en concurrence, pour l’organisation d’un festival local, une société de production avec laquelle il avait un lien d’affaires. Il l’a emporté sur le maire sortant avec seulement 70 voix d’avance. François Pupponi, qui a remplacé Dominique Strauss-Kahn à la mairie de Sarcelles depuis 1997, est quant à lui soupçonné d’avoir utilisé la carte bleue de la Société d’économie mixte Chaleur à des fins personnelles entre 2004 et 2006. Malgré une enquête préliminaire, il a été réélu avec 63 % des voix. Quant à Patrick Balkany, Maire de Levallois-Perret de 1983 à 1995, il avait dû laisser sa place en 1995, après avoir été condamné à 15 mois de prison avec sursis, 30.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour avoir employé aux frais du contribuables trois agents municipaux dans son appartement privé. Il a même  dû rembourser à la ville 524.000 euros et 231.000 euros d’intérêts. Qu’à cela ne tienne, il a récupéré la mairie en 2001. Il est visé actuellement par deux nouvelles informations judiciaires: une pour “blanchiment de fraude fiscale”, étant soupçonné de détenir des avoirs non déclarés en Suisse ; l’autre pour “détournement de fonds publics” pour avoir utilisé un chauffeur de la mairie pour des déplacements personnels en vacances. Malgré ces affaires embarrassantes, révélées quelques mois avant les municipales, Balkany a été réélu dès le premier tour avec 51,5 % des voix.

Ces ré élections honteuses nous incitent plus que jamais à poursuivre notre combat éthique.

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