9 décembre : Journée internationale de lutte contre la corruption

Publié le par ANTICOR 78

La Convention contre la corruption, adoptée par l’assemblée générale de l’ONU, a établi de nouvelles normes et constitue une avancée considérable en matière de recouvrement des avoirs illicites envoyés à l'étranger. Elle est le résultat de 3 ans d'efforts de 129 pays pour agir contre la corruption au niveau mondial. Mais son succès exige une volonté politique et un engagement à faire le suivi de sa mise en œuvre.
La date du 9 décembre a été récemment adoptée comme journée internationale anti-corruption par l'ONU.
Nous nous réjouissons de l’instauration de cette journée mondiale permettant de mettre en avant la lutte contre la corruption, poison de la démocratie, et de valoriser les moyens et remèdes possibles pour la contrer.
Cependant, la lutte anticorruption a besoin d’engagements concrets, pas uniquement de belles déclarations d’intention. N’est-il pas paradoxal que la France ait ratifié le projet de convention anticorruption de l’ONU dès 2000, qu’elle se trouve toujours en 2011 au peu enviable 25ème rang de l’indice de perception de la corruption de Transparency International, et que 72 % des français considèrent leurs politiciens corrompus ?
Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, a déclaré : « En cette Journée internationale de la lutte contre la corruption, engageons-nous à assumer notre responsabilité en prenant des mesures énergiques contre la corruption, en jetant l’opprobre sur ceux qui s’y livrent et en mettant en place une culture qui attache de la valeur aux comportements éthiques.»
Or qu’avons-nous vu dans notre pays, il y a 2 jours ? Par 197 voix contre 127, l'Assemblée nationale vient de rejeter la proposition de loi sur la transparence de la vie publique et la prévention des conflits d'intérêts. Discutée le jeudi 1er décembre dernier devant un hémicycle déserté par les députés de la majorité, le texte était présenté par le député EELV François de Rugy qui avait auditionné Anticor et nous avions présenté nos propositions. " Que des élus puissent à ce point ignorer l'exigence de transparence et d'exemplarité qui s'exprime dans la population est proprement ahurissant. Oser nous objecter le "respect de la vie privée des élus" lorsqu'il ne s'agit que de rendre compte de l'utilisation de fonds publics qui nous sont confiés pour exercer un mandat, voilà qui en dit long sur le mélange des genres auxquels certains se résignent " a ensuite déclaré ce dernier. Il est vrai que l’on a même entendu un député du Val d’Oise, Claude Bodin, s’opposer au vote de cette loi en déclarant : « Adopter ces textes, c’est présumer coupables les élus ». Pourtant quand ce député vote des lois prévoyant des sanctions pour tous les citoyens qui ne les respecteraient pas, est-ce qu’il présume coupables tous les français ?...
Bien que rejeté à l'Assemblée, le texte - pour lequel se sont prononcés les députés de gauche (certains députés centristes ne prenant pas part au vote) - sera prochainement déposé, dans les mêmes termes, par la sénatrice écologiste Corinne Bouchoux au Sénat.
Dans un pays officiellement engagé avec l’ONU dans la lutte anticorruption au niveau mondial, la majorité des députés n’a donc pas encore compris qu’il est de leur propre intérêt, en France, d’être en adéquation avec les attentes de transparence et de probité tant attendues par les français.
 
http://www.un.org/fr/events/anticorruptionday/index.shtml
 
 
 
 
 

 

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